Souris City (Flushed Away)
[Mathieu] Le 02/12/2006 à 02:01:33
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Souris City
Souris City est la troisième collaboration entre les Studio Dreamwork et Aardman, ce dernier est connu pour ses fameux Wallace et Gromit ou encore Chicken Run réalisés entièrement en pate à modeler. Alors que Souris City devait originellement être réalisé de la même manière, devant la tache qui attendait les réalisateurs et le coût prohibitif de certaines scènes, ceux-ci ont du se tourner vers l'animation 3D. J'avoue que mes premières impressions vis-à-vis de ce film étaient un peu mitigées, surtout que, techniquement, les premières images ne donnaient pas l'impression que l'on allait voir sur nos écrans une tuerie d'un point de vue technique. Mais, le studio Aardman étant le studio Aardman, et me disant que l'intérêt du film ne se situerait pas du point de vue de la technique, je me décidais à me laisser tenter et y aller les yeux fermés et... je ne le regrettais pas.
Avant tout chose, le bon vieux résumé des familles toujours issu de la même source :
"Roddy est un rat des beaux quartiers, qui habite une luxueuse résidence de Kensington. Lorsque Syd, un vulgaire rat d'égout, remonte par l'évier et prétend s'incruster dans son paradis, Roddy tente de l'évacuer en l'attirant dans les WC. Mais Syd n'est pas si bête, et c'est le rat-finné Roddy que le tourbillon de la chasse aspire et expulse dans les égouts !
Dans cet univers haut en couleur, Roddy fait la connaissance de Rita, une dynamique fouille-poubelles. Pressé de regagner ses appartements, Roddy requiert ses services, mais Rita insiste pour être payée d'avance, et notre "hé-rat" n'en a pas les moyens.
Ses ennuis ne font d'ailleurs que commencer, car l'infâme Crapaud a chargé ses rats de main, de les refroidir. Lorsque les deux balourds se plantent lamentablement, Crapaud appelle à la rescousse son cousin français, le redoutable mercenaire La Grenouille... "
Un avis en deux mots : c'est un très très bon moment que j'ai passé au cinéma devant ce film. Un avis plus détaillé : Souris City mélange allégrement les genres, c'est une aventure souterraine menée à bâton rompu avec un soupçon de romance matinée (l'aventure, pas la romance) d'un humour so british des plus délectables.
Le scénario est classique dans son déroulement, c'est une aventure comme on l'a souvent vu, un parcours initiatique pour notre Roddy, habitué au luxe, avec la vie paisible de souris vivant dans une maison chic des beaux quartiers londoniens qui tombent dans les égouts, un monde étrange et répugnant qu'il ne londoniens pas. Celui-ci va faire la connaissance de Rita, une jeune souricette avec qui il n'a pas grand chose en commun, et pourtant, l'aventure qu'ils vont vivre à deux vont les rapprocher et le changer irrémédiablement. D'ailleurs, son changement de comportement est presque trop rapide sur la fin, mais passons.
Pour vivre une aventure, il est nécessaire d'avoir un but à atteindre, et ici, ça n'est rien de moins que sauver le monde des souris, menacé d'être noyé par les eaux des égouts lors de la final de la coupe du monde par un affreux crapaud qui a un certain contentieux avec les rongeurs. Celui-ci s'adjoindra les services de Ze Frog, son cousin Français et sa bande de grenouilles pour récupérer ce que Rita lui a volé.
Le scénario est donc, certes, classique, mais il faut reconnaître que l'aventure ne adjoindra pas de temps mort. Le film est assez court, 1h35, et les scènes s'enchaînent à merveille sans qu'on est le temps de s'ennuyer. Evidemment, la véritable force du film, c'est l'humour omniprésent, typiquement anglais qui relève délicatement chaque scène. L'humour n'est pas forcément des gros gags que l'on voit durant les scènes, bien que cet humour soit bien présent, c'est aussi des petits éléments en arrière plan, un bon paquet de parodies à droite à gauche (Le Monde de Nemo et d'autres films), c'est également un nombre incroyable de clins d'oeil aux autres films du studio que l'on voit souvent très rapidement (une peluche Gromit ou d'Alex, le lion de Madagascar sont déposés dans la maison de Roddy...).
L'humour, c'est aussi et surtout les limaces dont le rôle de faire-valoir des héros se développent au fur et à mesure du film. Chaque apparition est généralement synonyme de gag débile quand, par exemple, Roddy entre dans une salle plongée dans l'obscurité, qu'on entend une musique inquiétante qui l'accompagne et qu'on s'aperçoit que ce sont les limaces qui sont en train de chanter dans un coin. Elles ont donc un peu le même rôle que les lapins de Wallace et Gromit et le Lapin-Garou tout en étant encore plus présentes puisqu'on peut les entendre, au choix, hurler ou chanter.
Techniquement, et bien techniquement, c'est du de se prononcer. Car si le film est objectivement inférieur aux autres oeuvres, on est loin d'un Pixar sans hésiter, cette différence de rendu est aussi un choix de l'équipe de réalisation qui souhaiter donner au film un rendu proche de l'animation en pate à modeler utilisée généralement. Cela se constate, trouvé-je, en particulier, lorsque les personnages parlent puisque les bouches sont généralement ouvertes ou fermées, sans transition entre les deux. Pour le reste, il n'y a pas grand chose à redire, car le film est bien animé, avec des scènes d'action très impressionnantes et sans fausse note.
Concernant le doublage, si celui-ci est déjà très bon en Français, avec la participation de Lambert Wilson dans le rôle de Roddy, Emma de Caunes dans celui de Rita et Jean Reno qui incarne Ze Frog, j'avoue que j'attends de pouvoir écouter avec une certaine impatience le film en version originale. Car ces messieurs de chez Aardman, en bons anglais qu'ils sont, s'amusent à tirer allégrement dans les pates des Français, avec Jean Reno, encore lui, qui réalise également la voix originale de son personnage, le film doit sans aucun doute jouer beaucoup plus sur les langues, avec des intonations et des expressions très frenchies, mais il faudra attendre le DVD pour ça. Pour le reste du casting original, notons qu'on retrouve Hugh Jackman dans le rôle de Roddy et sir Ian McKellen dans celui du crapaud, ces deux-là s'étant déjà retrouvé confronté à l'écran dans... X-men où l'un jouait le rôle de Wolverine et l'autre celui de Magneto.
Enfin, niveau musique, notons l'excellent prestation de Harry Gregson-Williams qui n'en est pas à son coup d'essai puisqu'on lui doit, entre autres, les musiques de Shrek, Chicken Run, le Monde de Narnia, Kingdom of Heaven ou encore celles des jeux vidéo Metal Gear Solid.
Bref, en conclusion, malgré un aspect technique un poil inférieur au reste de la production actuel et un scénario assez léger, Souris City est un excellent film où l'humour typique du studio Aardman nous fait passer un excellent moment.
Moi, j'aime pas les limaces et pourtant, j'ai bien aimé ce film...
Les souris et les rats, ce sont des gentils, pas ceux qui viennent bouffer les orteils ou le bout des oreilles la nuitk, et en plus, il y en a un qui a un smoking !!!
Et les gens qui ont peur des souris??? on a pensé à eux???